« Ce qui se passe en ce moment avec l'agriculture en France, c'est un énorme plan social, le plus gros plan social à l'œuvre à l'heure actuelle, mais c'est un plan social secret. » Cette citation date de 2019. Elle est tirée du roman Sérotonine de Michel Houellebecq. Qu'on aime ou non l'écrivain, force est de constater qu'il n'a pas tort…
La FNSEA d’un bord, la FNAB de l’autre côté. Et la PAC pour chapeauter cette communauté ? Les JA par ailleurs, la Coordination Rurale par ici. Et le ministère qui taxe les superficies ? Les petits exploitants à ma gauche, les grandes cultures à ma droite. Et tout l’aval qui les exploite ? Les éleveurs ici, Les agriculteurs là-bas. Et entre les deux, c’est le désert ?
« C’était “Germinal” dans les exploitations agricoles » titre le site du Monde du 22 mai. Trois jours plus tard, le site de l’Humanité choisit : « Travail agricole. Terra Fecundis sur le banc des accusés » et reprend en introduction la même phrase du procureur au cours du retentissant procès de l’entreprise espagnole. Associer l’agriculture à Germinal, on a fait mieux en termes de publicité !
Ça pourrait commencer comme une vieille chanson de Renaud (une de l’époque où il savait encore écrire des paroles qui appuient là où ça fait mal…) : On les croise partout quand approche le jour de l’élection, Ils viennent caresser le cul des vaches sur les salons. Et quand vient le moment de glisser son bulletin dans l’urne, Ils veulent une agriculture forte, mais en vrai ils nous cassent les… Les pieds ! Ils nous cassent les pieds ces hommes et femmes politiques de tout bord !
Dans les années 1980, tout le monde, même les citadins, avait au moins un grand-père, un oncle, un cousin, en bref, un membre de la famille… qu’il connaissait au moins de loin, qui était agriculteur, éleveur, maraîcher, paysan… Aujourd’hui, il semblerait que ces racines aient été oubliées. Les gens des villes semblent issus… de la ville. La proximité avec la nature ou la campagne n’est plus bonne que pour les week-ends ou les vacances, ce qui n’empêche pas d’exiger, en vrac, plus de bio dans les assiettes, de meilleures conditions de production, l’arrêt des traitements phytosanitaires, le retour des abeilles, voire des prix plus bas et, bien sûr, l’arrêt du chant du coq au petit matin dans la ferme voisine ou des cloches des vaches dans le pré voisin…
Quand les médias parlent-ils des agriculteurs ? Pendant la diffusion de « L’Amour est dans le pré » ? Car il est bon de se moquer de Gérard (et de son accent), tout emprunté face à la jolie Stéphanie (les prénoms ont été choisis au hasard). Pendant le Salon de l’agriculture ? Car il est de bon ton de rigoler devant les couilles pendantes du taureau, ou de voir le président un peu rougeaud et pompette (et c’est encore plus drôle quand il est rougeaud et pompette DEVANT les couilles du taureau !).
Le 19 février, plusieurs associations ont déposé des recours contre l'arrêté du 5 février « réautorisant des insecticides “tueurs d'abeilles” ».