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Le biocontrôle en France : une transition écologique freinée par un manque de soutien ?

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Le bio­con­trôle, alter­na­tive éco­lo­gique aux pes­ti­cides chi­miques, est per­çu comme un pilier de l’a­gri­cul­ture durable. Pour­tant, mal­gré les décla­ra­tions ambi­tieuses du gou­ver­ne­ment fran­çais, son déve­lop­pe­ment est entra­vé par des obs­tacles persistants.

Des ambitions gouvernementales affichées… mais des actes insuffisants ?

Le gou­ver­ne­ment a expri­mé à maintes reprises sa volon­té de pro­mou­voir le bio­con­trôle, notam­ment à tra­vers le plan Eco­phy­to II+ visant à réduire l’u­ti­li­sa­tion des pes­ti­cides. En 2022, un plan spé­ci­fique a été lan­cé, doté de 60 mil­lions d’eu­ros sur 5 ans, pour sou­te­nir la recherche et le déve­lop­pe­ment de solu­tions de biocontrôle.

Cepen­dant, ces ini­tia­tives semblent insuf­fi­santes face aux défis à relever :

  • sous-finan­ce­ment de la recherche : les inves­tis­se­ments dans le bio­con­trôle res­tent déri­soires par rap­port aux enjeux, repré­sen­tant moins de 1% du bud­get de la recherche agri­cole selon IBMA France.
  • cadre régle­men­taire contrai­gnant : les pro­cé­dures d’ho­mo­lo­ga­tion com­plexes et tou­jours trop longues (mal­gré les textes) freinent l’in­no­va­tion et la mise sur le mar­ché de nou­veaux produits.
  • manque de sen­si­bi­li­sa­tion : les agri­cul­teurs sont insuf­fi­sam­ment infor­més et for­més sur les solu­tions de bio­con­trôle disponibles.

La dis­tri­bu­tion agri­cole et les orga­nismes de conseils tech­niques ne sont pas assez moteurs, res­tant très fébriles dans la tran­si­tion et les choix stra­té­giques du bio­con­trôle mal­gré des solu­tions très efficaces.

Les conséquences pour l’agriculture française

Ce manque de sou­tien a des réper­cus­sions importantes :

  • dépen­dance per­sis­tante aux pes­ti­cides : la France reste un des prin­ci­paux consom­ma­teurs de pes­ti­cides en Europe, avec des consé­quences néfastes pour la san­té et l’environnement.
  • tran­si­tion agroé­co­lo­gique ralen­tie : le bio­con­trôle, essen­tiel pour une agri­cul­ture plus durable, peine à se développer.
  • perte de com­pé­ti­ti­vi­té : le savoir-faire fran­çais en matière de bio­con­trôle risque d’être mis à mal, faute de sou­tien public suffisant.

Des solutions pour relancer le biocontrôle

Sor­tir de l’opposition entre agri­cul­ture et éco­lo­gie. Renou­ve­ler nos pra­tiques agri­coles et ali­men­taires répond à une urgence sociale mais consti­tue éga­le­ment un levier majeur pour dimi­nuer notre impact éco­lo­gique et tenir les enga­ge­ments de la France dans le cadre des Accords de Paris.

Plu­sieurs mesures pour­raient être mises en œuvre pour inver­ser la tendance :

  • favo­ri­ser la mobi­li­sa­tion du bio­con­trôle par les acti­vi­tés de conseil et de vente
  • obli­ga­tion d’un quo­ta de bio­con­trôle à la dis­tri­bu­tion agricole
  • aug­men­ter les inves­tis­se­ments dans la recherche et le développement.
  • sim­pli­fier et accé­lé­rer les pro­cé­dures d’homologation.
  • mieux infor­mer et for­mer les agriculteurs.
  • mettre en place des inci­ta­tions finan­cières pour encou­ra­ger l’a­dop­tion du biocontrôle.

Le bio­con­trôle repré­sente une oppor­tu­ni­té majeure pour une agri­cul­ture fran­çaise plus res­pec­tueuse de l’en­vi­ron­ne­ment et de la san­té. Il est temps que le gou­ver­ne­ment tra­duise ses ambi­tions en actes concrets pour sou­te­nir cette filière d’avenir.

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