Décidément, ça bouge en matière d'écoles dans le domaine agricole ! Après Hectar, le projet controversé de Xavier Niel, c'est à AgroParisTech que ça rue dans les brancards ! Le domaine de Grignon, dans les Yvelines, qui héberge AgroParisTech (laquelle forme des ingénieurs agronomes) et notamment sa ferme expérimentale, est en vente depuis plusieurs années. Quatre finalistes restent en lice pour son acquisition et les étudiants entendent bien faire entendre leur voix. Ils réclament que le domaine ne soit pas vendu à un promoteur (le PSG avait, par exemple, souhaité y installer son centre d'entraînement, avant de renoncer). Leur cœur tendrait-il plutôt vers la SAS Grignon 2026, dont le projet serait d'établir un centre de colloques dans les salles du château et un campus international dans les dépendances ? Ils veulent que le processus de vente, qui devait se terminer le 26 mars, soit retardé pour que les critères de choix soient revus. Ils bloquent le domaine depuis le 16 mars. Leurs enseignants, des habitants, des associations les soutiennent.
Pour l’instant, on trouve peu d’informations sur le site www.hectar.co. « Hectar se prépare » et « Le plus grand campus agricole du monde va ouvrir ses portes. » Rien que ça ! Hectar, c’est un projet dont Xavier Niel, fondateur de Free et de l’École 42 (qui forme des informaticiens sur un modèle innovant : par la pratique entre pairs bien plus que par la théorie), est actionnaire à 49 %.
La revue Viandes et produits carnés a publié une étude sur la perception des Français face à cette biotechnologie qui permet de produire de la viande à partir de la culture de cellules musculaires. On entend beaucoup les détracteurs d'élevage et les environnementalistes vanter la « viande artificielle ». L'étude est assez complète et très intéressante. Les préoccupations environnementales pèsent beaucoup en faveur de ces productions, mais qu'ils aient déjà entendu parler ou non de la viande artificielle, plus de la moitié des sondés trouvent cela « absurde et/ou dégoûtant », plus du quart « amusant et/ou intrigant », enfin, moins d'un quart restant trouvent cela « prometteur et/ou réalisable ». On ne parlera pas du prix, puisque peu nombreux sont les consommateurs qui accepteraient de payer plus cher pour une telle viande. Il faudrait donc arriver à la produire à moindre coût (et qui dit moindre coût dit moindre qualité…). On va encore voir des vaches dans les prés et des poules dans les basses-cours pendant quelque temps, et nous, à la #PositiveProduction, on pense que c'est tant mieux !