Agriculteur dans le XVIe arrondissement de Paris depuis mai 1968, Jacques S. devrait défrayer la chronique dans les prochains jours. D’ici quelques jours, l’exploitant âgé de 86 ans sera en effet le premier agriculteur à prendre des vacances depuis l’époque des chasseurs-cueilleurs. Des vacances d’autant plus méritées que les dernières semaines ont été difficiles pour ce travailleur acharné. Même s’il a dû aller vérifier le bon fonctionnement de ses fermes de Gstaad, des Bahamas et de Dubaï, il est resté sur la brèche non stop. « Je suis habitué à commencer ma journée de travail dès 5 heures du matin, avec la traite, et à la finir vers 22 heures, une fois la compta à jour », explique-t-il en consultant fébrilement sa Rolex. Avec le couvre-feu, il a donc dû adapter ses horaires et commencer, comme tout bon Parisien, vers 10h30 pour finir vers 16h30, afin d’être rentré chez lui avant 18 heures.
Le ministère de l’Agriculture et de l’Alimentation a lancé, début juillet et pour trois semaines, puis à la fin de l’été, une campagne de communication, financée par des crédits du Plan de relance, pour recruter dans les métiers de l’agriculture, de l’agroalimentaire, du paysage, de la forêt, de l’aquaculture et de la pêche.
Le renouvellement des générations en agriculture constitue un enjeu de taille : on comptait un million d’exploitants en 1988. Ils n’étaient plus que 450 000 en 2018. Ce chiffre pourrait baisser encore puisque la moyenne d’âge des agriculteurs est de 52 ans. Un sur deux arrivera à la retraite dans 5 à 10 ans. Il faudrait installer entre 7 000 et 10 000 nouveaux agriculteurs chaque année.