Voici une initiative tout à fait originale dans le monde des syndicats agricoles, dont la rédaction de la #PositiveProduction est un témoin privilégié, quasiment en temps réel. Jean-Jacques M, 53 ans, agriculteur dans le Lot-et-Garonne, a été élu, il y a quelques jours, président du MSAASM (Mon Syndicat Agricole Avec Seulement Moi). Il en est également le trésorier et le secrétaire. Il est aussi le seul membre de ce syndicat à nul autre pareil. Rencontre.
Promulguée le 30 octobre 2018, la loi Egalim devait permettre de mieux répartir la valeur au sein de la filière agricole en faisant en sorte qu'elle soit plus profitable aux agriculteurs. Depuis, pourtant, force est de constater que cette loi n'a pas donné les résultats escomptés. Johan V. , agriculteur ardennais, a donc décidé d'employer les grands moyens. Pour autant, ceux-ci n'incluent pas de manifestation, de blocage des péages autoroutiers, d'opération escargot avec son tracteur sur le périphérique parisien, ou d'épandage de lait devant la préfecture. Pour lui, tout cela, c'est du déjà-vu. Cet exploitant agricole de 38 ans a donc eu une idée inédite et plutôt révolutionnaire. Il explique : « Tous les jours, j'allume un grand cierge, comme on en trouve dans les églises, avec une croix rouge peinte dessus. Et je prie. »
« Ils ont toujours eu des héros bizarres, mais je ne pensais pas que ça pourrait un jour aller aussi loin », se désole Sylvie D. Cette agricultrice du Gers, mère de 4 garçons, tous apiculteurs, a vu ses enfants glisser sur une pente dramatique au cours de l’année 2020. Leur dérive a commencé par des signes discrets : « Ils se sont tout d’abord laissé pousser une petite moustache fine. Tous les quatre. Ils ont toujours été ressemblants, mais quand même, de là à adopter exactement le même look… », raconte Luc De la Chance, leur voisin.
Depuis l'avènement d'Internet, il ne fait nul doute que nos vies se sont accélérées d'une manière jamais vue auparavant dans l'histoire de l'humanité. L'évolution de l'organisation au travail de Bill Slowmotion, agriculteur dans le bush australien, qui dépasse l'imagination, en témoigne. C'est au début des années 2000 que tout a changé pour lui. Il explique : « Tout a commencé à aller plus vite. Nous sommes passés à deux récoltes par an, puis trois, puis quatre. Ensuite, il a fallu semer le lundi pour récolter le dimanche [N.D.L.R. : il fait toujours très chaud en Australie]. C'est devenu n'importe quoi ! Je ne faisais pourtant que suivre les conseils de ma coopérative… » L'homme a donc dû investir, emprunter et emprunter encore pour pouvoir suivre la cadence. Vingt ans plus tard, il possède 25 moissonneuses-batteuses qui se relaient jour et nuit, une flotte de 67 tracteurs avec remorque et pas moins de 116 semoirs. Il ne parvient même plus à évaluer le tonnage de semis qu'il achète chaque année. Les banques de la région refusent de lui prêter de l'argent tellement ses dettes leur semblent abyssales !
Nous avons déjà tous fredonné, sur le tracteur, « Je ne reconnais plus personne, en Massey-Fergusonnnn » tout en nous la jouant Brigitte Bardot (jeune) sur sa Harley-Davidson. Et souvent, nous avons bien rigolé. Mais pour Frédéric Français, 49 ans, la rigolade en question a commencé à mal tourner quand il n'a plus été en mesure de se limiter. Ainsi, il chante désormais du matin au soir. Et ce qui n'aurait pu être qu'une plaisanterie prend, peu à peu, un tour dramatique. Explications.
Stupeur et chagrin sont les deux mots qui pourraient résumer ce drame (que l'on ne peut qualifier de simple fait divers tant l'émotion est grande).
Agriculteur dans le XVIe arrondissement de Paris depuis mai 1968, Jacques S. devrait défrayer la chronique dans les prochains jours. D’ici quelques jours, l’exploitant âgé de 86 ans sera en effet le premier agriculteur à prendre des vacances depuis l’époque des chasseurs-cueilleurs. Des vacances d’autant plus méritées que les dernières semaines ont été difficiles pour ce travailleur acharné. Même s’il a dû aller vérifier le bon fonctionnement de ses fermes de Gstaad, des Bahamas et de Dubaï, il est resté sur la brèche non stop. « Je suis habitué à commencer ma journée de travail dès 5 heures du matin, avec la traite, et à la finir vers 22 heures, une fois la compta à jour », explique-t-il en consultant fébrilement sa Rolex. Avec le couvre-feu, il a donc dû adapter ses horaires et commencer, comme tout bon Parisien, vers 10h30 pour finir vers 16h30, afin d’être rentré chez lui avant 18 heures.