Voici une initiative tout à fait originale dans le monde des syndicats agricoles, dont la rédaction de la #PositiveProduction est un témoin privilégié, quasiment en temps réel. Jean-Jacques M, 53 ans, agriculteur dans le Lot-et-Garonne, a été élu, il y a quelques jours, président du MSAASM (Mon Syndicat Agricole Avec Seulement Moi). Il en est également le trésorier et le secrétaire. Il est aussi le seul membre de ce syndicat à nul autre pareil. Rencontre.
Céline Barthet, présidente d’IMBA France, en conclusion des 8es Rencontres annuelles du biocontrôle qui se sont tenues le 18 janvier, a adressé un message constructif en rappelant à quel point le biocontrôle est créateur de valeur : économique, d’acceptabilité sociétale et d’innovation.
« Une famine ? En France ? En 2030 ? C'est in-ac-cep-table ! » Dès ses vœux aux agriculteurs, Julien Denormandie, leur ministre, s'emporte. Lui qui est en poste depuis juillet 2020, soit dix ans (c'est deux fois le précédent « record » de Stéphane Le Foll), en a assez.
Promulguée le 30 octobre 2018, la loi Egalim devait permettre de mieux répartir la valeur au sein de la filière agricole en faisant en sorte qu'elle soit plus profitable aux agriculteurs. Depuis, pourtant, force est de constater que cette loi n'a pas donné les résultats escomptés. Johan V. , agriculteur ardennais, a donc décidé d'employer les grands moyens. Pour autant, ceux-ci n'incluent pas de manifestation, de blocage des péages autoroutiers, d'opération escargot avec son tracteur sur le périphérique parisien, ou d'épandage de lait devant la préfecture. Pour lui, tout cela, c'est du déjà-vu. Cet exploitant agricole de 38 ans a donc eu une idée inédite et plutôt révolutionnaire. Il explique : « Tous les jours, j'allume un grand cierge, comme on en trouve dans les églises, avec une croix rouge peinte dessus. Et je prie. »
Les hommes politiques sont formidables : alors que la population est affamée, que l’année passée a été catastrophique au niveau des productions à cause d’une canicule sans précédent, la Commission européenne, aux abonnés absents depuis le début de la crise, refait parler d’elle en rappelant qu’il est temps de tenir des objectifs datant… de 2021 ! Les hommes et femmes (dans le domaine, pas de jaloux) politiques sont toujours prêts à une nouvelle sortie à laquelle on ne s’attendrait pas compte tenu des circonstances. Alors que la situation alimentaire en France est catastrophique et que la population est au bord de la famine, que les récoltes 2029 ont été quasi nulles à cause d’une canicule de plus d’un mois et d’une interdiction d’irriguer découlant directement de la loi Pompili 7, la même Barbara Pompili, rappelait, mardi 4 décembre 2029, que 2030 serait l’année où la production agricole française devrait atteindre 25 % de bio !
« Ils ont toujours eu des héros bizarres, mais je ne pensais pas que ça pourrait un jour aller aussi loin », se désole Sylvie D. Cette agricultrice du Gers, mère de 4 garçons, tous apiculteurs, a vu ses enfants glisser sur une pente dramatique au cours de l’année 2020. Leur dérive a commencé par des signes discrets : « Ils se sont tout d’abord laissé pousser une petite moustache fine. Tous les quatre. Ils ont toujours été ressemblants, mais quand même, de là à adopter exactement le même look… », raconte Luc De la Chance, leur voisin.
Août 2029 : L'été le plus chaud de l'histoire ? Alors que la France est touchée dans son agriculture, dans son économie et… dans son moral, ce sont les éléments qui apportent aujourd'hui leur lot de souffrance à notre pays : une canicule sans précédent s'abat sur l'Hexagone. Dans son rapport de juin 2021, le GIEC avait prévenu : une hausse de 2 °C des températures pourrait avoir des effets cataclysmiques avant même 2050. Force est de constater que l'on y est déjà. Les agriculteurs, désemparés depuis plusieurs années par l'impossibilité de défendre leurs cultures, sont aujourd'hui confrontés à un nouvel ennemi : la canicule.
Depuis l'avènement d'Internet, il ne fait nul doute que nos vies se sont accélérées d'une manière jamais vue auparavant dans l'histoire de l'humanité. L'évolution de l'organisation au travail de Bill Slowmotion, agriculteur dans le bush australien, qui dépasse l'imagination, en témoigne. C'est au début des années 2000 que tout a changé pour lui. Il explique : « Tout a commencé à aller plus vite. Nous sommes passés à deux récoltes par an, puis trois, puis quatre. Ensuite, il a fallu semer le lundi pour récolter le dimanche [N.D.L.R. : il fait toujours très chaud en Australie]. C'est devenu n'importe quoi ! Je ne faisais pourtant que suivre les conseils de ma coopérative… » L'homme a donc dû investir, emprunter et emprunter encore pour pouvoir suivre la cadence. Vingt ans plus tard, il possède 25 moissonneuses-batteuses qui se relaient jour et nuit, une flotte de 67 tracteurs avec remorque et pas moins de 116 semoirs. Il ne parvient même plus à évaluer le tonnage de semis qu'il achète chaque année. Les banques de la région refusent de lui prêter de l'argent tellement ses dettes leur semblent abyssales !
Lors des États généraux de l'installation et de la transmission, qui se sont tenus à Lorient le 18 octobre, la Bretagne, première région agricole de France, qui compte 26 000 exploitations et 67 000 actifs agricoles, s'est penchée sur le renouvellement des 2 000 qui partent en retraite chaque année.