Juillet 2029 : Un été sous haute tension. Les gros titres des journaux, en cette période traditionnellement dédiée aux vacances scolaires, sont bien différents de ceux des années précédentes. Rien sur les départs, les embouteillages, la météo…
Nous avons déjà tous fredonné, sur le tracteur, « Je ne reconnais plus personne, en Massey-Fergusonnnn » tout en nous la jouant Brigitte Bardot (jeune) sur sa Harley-Davidson. Et souvent, nous avons bien rigolé. Mais pour Frédéric Français, 49 ans, la rigolade en question a commencé à mal tourner quand il n'a plus été en mesure de se limiter. Ainsi, il chante désormais du matin au soir. Et ce qui n'aurait pu être qu'une plaisanterie prend, peu à peu, un tour dramatique. Explications.
Avril 2029 : Premières tensions alimentaires. Alors que les récoltes sont plus maigres que jamais, les premières tensions liées au problème alimentaire se font ressentir en France…
Stupeur et chagrin sont les deux mots qui pourraient résumer ce drame (que l'on ne peut qualifier de simple fait divers tant l'émotion est grande).
Mars 2029 : Voilà quatre ans que la loi Pompili 7 est entrée en application. La France est désormais importatrice nette de matières premières alimentaires. En effet, au cours de ces quatre années, les betteraves n’ont pas résisté à la jaunisse, transmise par les pucerons. On s’est retrouvé comme en 2020, sans néonicotinoïdes pour les protéger, durant deux années extrêmement chaudes, 2026 et 2027. Certaines associations se réjouissent cependant : « Plus de betteraves, c’est moins de sucres, et donc moins de cochonneries dans notre alimentation ! » Pour rappel, la filière betteravière représentait, en 2020, 45 000 emplois en France. La plupart ont désormais disparu.
La proposition de loi Chassaigne, du nom du député communiste André Chassaigne l’ayant proposée et défendue, vise à rehausser les pensions des conjoints collaborateurs et aidants familiaux des exploitants agricoles. Elle prévoit une revalorisation de leur pension de retraite de 100 € en moyenne par mois. Cette loi a été adoptée en première lecture à l’Assemblée nationale le 17 juin 2021. Selon la MSA, la pension moyenne annuelle des conjoints collaborateurs s’est élevée, en 2019, à 7 209 euros brut (600 euros par mois) pour une carrière complète de non-salarié agricole. Celle des aides familiaux a atteint 8 577 euros brut (715 euros par mois). Il s’agit-là de sommes inférieures au seuil de pauvreté (1 063 euros par mois) !
N'en déplaise à certains sceptiques sur la formation en agriculture, les agriculteurs d'aujourd'hui suivent des études et font des formations, avec un très bon niveau. Ainsi, suite à la session de juin, le ministère de l'Agriculture a annoncé que l’enseignement agricole avait enregistré un taux de réussite de 90,7 % sur l’ensemble de ses diplômes. Rappelons qu'ils s'étendent du certificat d’aptitude professionnelle (CAP) au brevet de technicien supérieur agricole (BTSA). Ce sont donc 66 984 élèves sur 77 226 inscrits qui ont été diplômés.
C'est quelque chose que l'on aime bien, à la #PositiveProduction : une idée de rien, mais qui est ingénieuse, qui change la vie et qui est plutôt solidaire. Cette idée, c'est Agribiolien (https://www.agribiolien.fr/), une plateforme de petites annonces en ligne réservée aux agriculteurs bio, mise en ligne par le Réseau Fnab. Alors, oui, il n'est pas très beau. Mais il est fonctionnel, intelligent et pratique. Et c'est… tout ce qu'on lui demande !
Agriculteur dans le XVIe arrondissement de Paris depuis mai 1968, Jacques S. devrait défrayer la chronique dans les prochains jours. D’ici quelques jours, l’exploitant âgé de 86 ans sera en effet le premier agriculteur à prendre des vacances depuis l’époque des chasseurs-cueilleurs. Des vacances d’autant plus méritées que les dernières semaines ont été difficiles pour ce travailleur acharné. Même s’il a dû aller vérifier le bon fonctionnement de ses fermes de Gstaad, des Bahamas et de Dubaï, il est resté sur la brèche non stop. « Je suis habitué à commencer ma journée de travail dès 5 heures du matin, avec la traite, et à la finir vers 22 heures, une fois la compta à jour », explique-t-il en consultant fébrilement sa Rolex. Avec le couvre-feu, il a donc dû adapter ses horaires et commencer, comme tout bon Parisien, vers 10h30 pour finir vers 16h30, afin d’être rentré chez lui avant 18 heures.