Quel est le point commun entre le Ghana, le Pakistan, la Tunisie, ou encore la Bolivie, le Chili, Cuba, le Pérou, les États-Unis, le Brésil ou l’Inde ? Tous ces pays organisent une journée dédiée à l’agriculture, aux paysans ou… aux deux ! Qu’elles soient organisées à l’initiative du gouvernement ou des organisations professionnelles, les journées dédiées à l’agriculture, ou aux paysans, dans de nombreux pays du monde prouvent une chose : pour nourrir leurs habitants, ces pays savent qu’ils peuvent compter sur leurs paysans et ils le montrent ! Pas l’Hexagone.
La récente réintroduction des néonicotinoïdes pour protéger les betteraves a, évidemment, été la cause d’une levée de boucliers et nombre d’incompréhensions de la part de la société civile. Est-il possible de protéger les betteraves en biocontrôle ? Interdits le 1er septembre 2018, les néonicotinoïdes ont fait un retour médiatisé dans les champs français le 6 octobre 2020. La raison ? La jaunisse des betteraves, transmise par les pucerons, qui a fragilisé la production hexagonale au point que, selon l'ITB (l’Institut technique de la betterave), la baisse de rendement au niveau français avoisine les 17 % (chiffres début octobre 2020) à 11,4 t/ha de sucre (contre 13,9 t/ha pour la moyenne 5 ans) et 72 t/ha à 16°S de betteraves (contre 89 t/ha à 16°S pour la moyenne 5 ans), malgré de nombreuses disparités.
L’association de défense des consommateurs Familles Rurales a publié, en juillet, les résultats de son Observatoire des prix des fruits et légumes frais. L’objectif est louable, puisqu’il est d’aider les familles en leur prodiguant des conseils pour préserver leur santé et leur porte-monnaie. Mais une petite phrase nous a interpellés. L’étude de Familles Rurales, association de défense des consommateurs, porte sur un panier de huit fruits et huit légumes frais, issus de l’agriculture conventionnelle et de l’agriculture biologique. Une phrase, qui apparaît dans l’introduction de l’étude, nous a interpellés : « En cette année si particulière, le confinement (manque de main-d’œuvre, coûts de transport plus importants, production étrangère moins abondante) et les conditions météorologiques pour certains produits peuvent expliquer certaines augmentations, ces dernières demeurent néanmoins très importantes pour les consommateurs sans pouvoir s’assurer de surcroît, une meilleure rémunération des producteurs. » Et on passe à la suite de l’étude : l’augmentation des prix des fruits et légumes, le respect du PNNS et les enseignements après crise Covid-19 (de début d’année) sur la consommation des fruits et légumes. Mais revenons sur « sans pouvoir assurer de surcroît, une meilleure rémunération des producteurs ». Certes, l’objet de l’étude n’est pas la rémunération des agriculteurs. Néanmoins, l’association, dont l’une des thématiques principales est de « construire les ruralités de demain », semble peu se préoccuper des agriculteurs, acteurs essentiels de la ruralité. Si leur rémunération n’est pas assurée, en dépit de l’augmentation des prix, comment demain, les familles pourront-elles se nourrir de manière qualitative à un coût raisonnable ?
Quand les médias parlent-ils des agriculteurs ? Pendant la diffusion de « L’Amour est dans le pré » ? Car il est bon de se moquer de Gérard (et de son accent), tout emprunté face à la jolie Stéphanie (les prénoms ont été choisis au hasard). Pendant le Salon de l’agriculture ? Car il est de bon ton de rigoler devant les couilles pendantes du taureau, ou de voir le président un peu rougeaud et pompette (et c’est encore plus drôle quand il est rougeaud et pompette DEVANT les couilles du taureau !).
Le 19 février, plusieurs associations ont déposé des recours contre l'arrêté du 5 février « réautorisant des insecticides “tueurs d'abeilles” ».