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Hectar fait déjà des remous

Alors même que ses étudiants n'ont pas commencé à étudier, par exemple, les cours d'eau et l'irrigation, leur école Hectar est déjà prise dans les remous. © AdobeStock

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Que pen­ser d’Hec­tar, le pro­jet d’é­cole finan­cé à 49 % par Xavier Niel ? Les syn­di­cats, eux, semblent déjà le savoir, qui ont réuni mar­di 29 juin deux cents per­sonnes pour mani­fes­ter contre la ferme école à Lévis-Saint-Nom (Yve­lines).

 

Cen­sée for­mer 2 000 per­sonnes, cette école ouvri­ra à la ren­trée de sep­tembre. Par­mi elles, trente vien­dront de l’É­cole 42, créée par Xavier Niel, pour suivre un pro­gramme de for­ma­tion sur l’in­tel­li­gence arti­fi­cielle appli­quée au sec­teur agri­cole : Agri­tech IA.  « Nous dis­po­sons d’un vivier de talents et de com­pé­tences tech­niques uniques pour deve­nir les lea­ders mon­diaux dans ce domaine. Le mar­ché de l’IA dans le sec­teur agri­cole devrait atteindre 2,5 mil­liards de dol­lars d’i­ci à 2050. ».

 

Les syn­di­cats, eux, déplorent que 300 postes aient été sup­pri­més en trois ans dans le public alors que, dans le même temps, une sub­ven­tion de 200 000 euros, éma­nant du conseil géné­ral, aurait été ver­sée à Hec­tar. De plus, ils ne voient pas l’utilité du pro­jet : « Nous avons déjà du mal à rem­plir les lycées agri­coles publics », affirme Claire Pinault, secré­taire régio­nale Sne­tap-FSU. Dans les Yve­lines, on trouve déjà le lycée agri­cole de Saint-Ger­main-en-Laye, et deux autres en Ile-de-France. Les syn­di­cats redoutent donc éga­le­ment une concur­rence avec ces sites.

 

Pour Audrey Bou­rol­leau, fon­da­trice de l’é­cole, aucun ensei­gne­ment tech­nique n’y est dis­pen­sé. « Hec­tar accom­pagne les entre­pre­neurs. C’est une busi­ness school agri­cole. » Les syn­di­cats, eux, y trouvent « une vision de l’a­gri­cul­ture sans hommes et sans femmes. »

 

Der­rière les cris­pa­tions, deux visions s’op­posent : celle d’une agri­cul­ture « pro­duc­ti­viste » dénon­cée par les syn­di­cats, et celle d’une agri­cul­ture dans laquelle la tech­no­lo­gie occu­pe­rait plus de place, comme semble vou­loir la pro­mou­voir Hectar.

 

À la #Posi­ti­ve­Pro­duc­tion, on pré­fère pen­ser que sans tech­no­lo­gie on ne par­vien­drait pas à fabri­quer des bio­so­lu­tions tou­jours plus effi­caces, mais que la place des hommes et des femmes doit res­ter indis­pen­sable. Et vous, quel est votre avis ?

L’en­sei­gne­ment agri­cole public pas majoritaire

L’en­sei­gne­ment agri­cole public n’est pas majo­ri­taire dans l’Hexa­gone. Le minis­tère de l’A­gri­cul­ture et de l’A­li­men­ta­tion a rap­pe­lé que 59% des élèves et étu­diants suivent leur for­ma­tion dans le privé.

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