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Quelles sont les différences entre le bio et le biocontrôle ?

Saurez-vous expliquer ce qu'est le biocontrôle ? © AdobeStock

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Tout le monde connaît le « bio » (pour « bio­lo­gique »), sans tou­jours savoir les accep­ta­tions que revêt ce terme. En revanche, plus rares sont ceux capables d’expliquer ce qu’est le bio­con­trôle et quelles sont ses uti­li­sa­tions car les bio­so­lu­tions sont uti­li­sables et effi­caces en agri­cul­ture conven­tion­nelle. Essayons d’y voir un peu plus clair.

 

Qu’est-ce que le biocontrôle ?

Les pro­duits de bio­con­trôle sont défi­nis dans le Code rural et de la Pêche mari­time (CRPM) comme « des agents et pro­duits uti­li­sant des méca­nismes natu­rels dans le cadre de la lutte inté­grée contre les enne­mis des cultures » (Article L.253–6).

Ils com­prennent en par­ti­cu­lier les macro-orga­nismes tels que des insectes, des aca­riens ou des nématodes.

Ils com­prennent éga­le­ment les pro­duits phy­to­phar­ma­ceu­tiques tels que des micro-orga­nismes (comme les bac­té­ries, les virus ou les cham­pi­gnons), des média­teurs chi­miques (comme les phé­ro­mones, les kai­ro­mones et les allo­mones) et des sub­stances natu­relles d’origine végé­tale, ani­male, miné­rale voire microbienne.

Ces pro­duits font l’objet d’une liste publiée et mise à jour par le minis­tère de l’Agriculture (DGAL) : liste des pro­duits de bio­con­trôle.

 

Le chiffre du bio­con­trôle : En France, en 2017, le mar­ché du bio­con­trôle s’élevait à 140 M€, soit près de 5 % du mar­ché de la pro­tec­tion des plantes.

 

Et le bio ?

Le mode de pro­duc­tion bio­lo­gique est fon­dé sur la non-uti­li­sa­tion de pro­duits chi­miques de syn­thèse et d’OGM, le recy­clage des matières orga­niques, la rota­tion des cultures et la lutte biologique.

Les pro­duits uti­li­sables en agri­cul­ture bio­lo­gique (AB) sont com­po­sés de sub­stances actives spé­ci­fiques. La régle­men­ta­tion des pro­duits de pro­tec­tion des cultures fait inter­ve­nir dif­fé­rentes régle­men­ta­tions au niveau natio­nal et européen.

 

Les pro­duits uti­li­sables en AB se trouvent ain­si au croi­se­ment de trois régle­men­ta­tions et doivent être approu­vés par le règle­ment CE n°1107/2009, dis­po­ser d’une AMM (auto­ri­sa­tion de mise sur le mar­ché) et être auto­ri­sés par le règle­ment CE n°889/2008 de l’agriculture bio­lo­gique (il liste, dans son annexe II, l’ensemble des sub­stances uti­li­sables en AB).

 

Offi­ciel­le­ment recon­nue par les pou­voirs publics fran­çais depuis la loi d’orientation agri­cole de 1980, l’agriculture bio­lo­gique (le bio) a tout d’abord été défi­nie dans des cahiers des charges natio­naux. Elle est ensuite pas­sée au niveau euro­péen en 1991. En 2009, une nou­velle régle­men­ta­tion, har­mo­ni­sée, concerne les pro­duc­tions végé­tales, ani­males et les pro­duits trans­for­més. Une nou­velle ver­sion est en pré­pa­ra­tion. Elle devrait entrer en appli­ca­tion pour 2021.

 

Le chiffre du bio : Fin 2019, 2,3 mil­lions d’hectares étaient culti­vés en bio soit 8,5 % de la SAU française.

 

Pas si simple…

Ain­si, le carac­tère natu­rel d’un pro­duit de bio­con­trôle n’est pas une rai­son suf­fi­sante pour une uti­li­sa­tion en agri­cul­ture bio­lo­gique. Les pro­duits de bio­con­trôle ne sont donc pas sys­té­ma­ti­que­ment uti­li­sables en agri­cul­ture biologique.

Cer­tains pro­duits uti­li­sables en agri­cul­ture bio ne figurent cepen­dant pas offi­ciel­le­ment dans la liste de la DGAL, par exemple, les cuivres. Ils ne sont donc pas des pro­duits de bio­con­trôle. Ceci apporte une cer­taine confu­sion dans les classifications.

 

Il convient donc d’étudier chaque pro­duit, par rap­port à la régle­men­ta­tion géné­rale euro­péenne et fran­çaise et par rap­port à celle en vigueur en agri­cul­ture bio­lo­gique pour garan­tir qu’il est uti­li­sable en bio ou non !

L’Inao met à dis­po­si­tion des pro­duc­teurs enga­gés en bio un Guide des pro­duits de pro­tec­tion des cultures uti­li­sables en France en agri­cul­ture bio­lo­gique sur son site inter­net.

 

En France, les pro­duits doivent béné­fi­cier d’une auto­ri­sa­tion de mise sur le mar­ché (AMM). Tous les pro­duits homo­lo­gués dans notre pays sont lis­tés sur le site Ephy de l’Anses. La recherche peut se faire par le nom com­mer­cial du pro­duit, par sa matière active, par son fabri­cant ou encore par son numé­ro d’AMM.

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