L'augmentation des retraites permettant aux exploitants agricoles d'atteindre 85 % du Smic (à carrière complète, soit au moins 150 trimestres cotisés) sera payée à compter du 1er novembre 2021. Les retraites agricoles les plus faibles seront revalorisées de 75 % à 85 % du Smic net agricole, soit 1 035 € par mois. Notre commentaire : pour rappel, le seuil de pauvreté est à 1 063 euros par mois. On revalorise donc sous ce montant… Sous les effets d'annonces, cherchons malgré tout l'erreur ! Cette revalorisation issue de la loi du 3 juillet 2020 a pour objectif de rehausser les pensions de retraite agricoles. Initialement prévue pour le 1er janvier 2022, elle interviendra à compter du 1er novembre 2021. Un décret précisant les modalités d'application de cette mesure est paru au Journal officiel le 17 juin 2021.
La décision du tribunal judiciaire de Marseille à l'encontre de l'entreprise espagnole Terra Fecundis, au cœur d'un vaste scandale de travail détaché (elle a contourné les règles européennes), a été rendue le jeudi 8 juillet.
Quatre cents amendements pour quelques euros de plus ? C'est le nombre d'amendements à discuter sur la loi qui vise à mieux rémunérer les agriculteurs via le rééquilibrage des relations avec les industriels et la grande distribution. Portée par le député LREM Grégory Besson-Moreau, elle veut compléter la loi Egalim de 2018…
Que penser d'Hectar, le projet d'école financé à 49 % par Xavier Niel ? Les syndicats, eux, semblent déjà le savoir, qui ont réuni mardi 29 juin deux cents personnes pour manifester contre la ferme école à Lévis-Saint-Nom (Yvelines). Censée former 2 000 personnes, cette école ouvrira à la rentrée de septembre. Parmi elles, trente viendront de l'École 42, créée par Xavier Niel, pour suivre un programme de formation sur l'intelligence artificielle appliquée au secteur agricole : Agritech IA. « Nous disposons d'un vivier de talents et de compétences techniques uniques pour devenir les leaders mondiaux dans ce domaine. Le marché de l'IA dans le secteur agricole devrait atteindre 2,5 milliards de dollars d'ici à 2050. ».
Décidément, ça bouge en matière d'écoles dans le domaine agricole ! Après Hectar, le projet controversé de Xavier Niel, c'est à AgroParisTech que ça rue dans les brancards ! Le domaine de Grignon, dans les Yvelines, qui héberge AgroParisTech (laquelle forme des ingénieurs agronomes) et notamment sa ferme expérimentale, est en vente depuis plusieurs années. Quatre finalistes restent en lice pour son acquisition et les étudiants entendent bien faire entendre leur voix. Ils réclament que le domaine ne soit pas vendu à un promoteur (le PSG avait, par exemple, souhaité y installer son centre d'entraînement, avant de renoncer). Leur cœur tendrait-il plutôt vers la SAS Grignon 2026, dont le projet serait d'établir un centre de colloques dans les salles du château et un campus international dans les dépendances ? Ils veulent que le processus de vente, qui devait se terminer le 26 mars, soit retardé pour que les critères de choix soient revus. Ils bloquent le domaine depuis le 16 mars. Leurs enseignants, des habitants, des associations les soutiennent.
La revue Viandes et produits carnés a publié une étude sur la perception des Français face à cette biotechnologie qui permet de produire de la viande à partir de la culture de cellules musculaires. On entend beaucoup les détracteurs d'élevage et les environnementalistes vanter la « viande artificielle ». L'étude est assez complète et très intéressante. Les préoccupations environnementales pèsent beaucoup en faveur de ces productions, mais qu'ils aient déjà entendu parler ou non de la viande artificielle, plus de la moitié des sondés trouvent cela « absurde et/ou dégoûtant », plus du quart « amusant et/ou intrigant », enfin, moins d'un quart restant trouvent cela « prometteur et/ou réalisable ». On ne parlera pas du prix, puisque peu nombreux sont les consommateurs qui accepteraient de payer plus cher pour une telle viande. Il faudrait donc arriver à la produire à moindre coût (et qui dit moindre coût dit moindre qualité…). On va encore voir des vaches dans les prés et des poules dans les basses-cours pendant quelque temps, et nous, à la #PositiveProduction, on pense que c'est tant mieux !
On a parfois un peu l’impression que les « célébrités » occupent l’espace médiatique et peuvent faire passer leur point de vue pour le « seul vrai », le seul bon point de vue, dont la morale, l’écobobologie, et autres animalistes s’emparent comme de la parole du messie. Il serait bon, également, d’écouter les professionnels de l’agriculture. Et aujourd’hui, ceux-ci n’hésitent plus à se faire entendre… voire à prendre à parti les dites célébrités pour rétablir, parfois avec diplomatie, quelques vérités (coucou Nagui qui s’était fait recadrer par Etienne AgriYoutubeur).
Le terme d’agribashing, que chacun connaît dans notre domaine, est encore tout jeune : il a 5 ans, 6 tout au plus. Il existe une forme de dénigrement de l’agriculture, qui est effectivement victime d’attaques incessantes, notamment de la part de certaines associations. Ce n’est pas anodin, surtout pour ceux qui en sont victimes, car il n’est jamais bon de voir dénigrer son travail, surtout quand on s’y investit comme les agriculteurs, corps et âme.
On peut vouloir exercer un métier inconfortable, l’agriculture, en souhaitant lui apporter plus de confort. Par exemple, avec un modèle « intéressant car il permettait aux éleveurs de se regrouper et aux équipes de tourner (…) ». Tel était le rêve de Michel Ramery.